EGYPTE - PAYSAGE DES MEDIAS
BORDEREAU DE FAITS
| Gouvernement | République |
|---|---|
| Capitale | Le Caire |
| Suffrage | Universel, obligatoire; 18 ans |
| Devise | Livre égyptienne (EGP) |
| Population | 80,3 millions (2007) |
| Superficie | 1.001.450 km2 |
| Total des importations (%UE) | €31,2 milliards (2006) (39%) |
| Total des exportations (%UE) | €16,2 milliards (2006) (43%) |
| PIB | €75 milliards (2005) |
| PIB par habitant | €1.068 (2005) |
| Chômage | 10% (2007) |
| Taux d’alphabétisation | 71,4% |
| Internautes (sur 1000 personnes) | 10 (2007) |
| Langues | Arabe (langue officielle); l’anglais et le français sont largement compris |
Critiquer le gouvernement est chose commune dans les médias égyptiens. Toutefois, les lois sur la presse qui condamnent à des peines de prison pour diffamation à l’égard du président, des institutions publiques et des dirigeants étrangers restent d’application.
Depuis sa mise en œuvre en 1981, la Loi d’exception n° 162 a été l’un des outils les plus répressifs aux mains du gouvernement. Selon la BBC, cette loi impopulaire stipule que les forces de sécurité gouvernementales ont le droit d’arrêter des suspects sans avoir de charges spécifiques à leur encontre. La loi donne également au gouvernement le droit de censurer et de fermer des journaux à son gré, au nom de la sécurité publique. En 2006, la loi a été reconduite pour deux ans.
Presse écrite
L’Egypte est le pays qui compte le plus grand nombre de publications écrites dans la région. A l’heure actuelle, plus de 500 journaux sont publiés en Egypte, y compris les publications et magazines régionaux. Toutefois, sa longue et vibrante tradition a été mise à mal par un contrôle sévère de l’Etat. L’Etat détient un monopole sur la presse écrite, la publicité et la distribution. Il exerce de multiples formes de pression qui exercent des effets dissuasifs sur l’indépendance journalistique. Certains chroniqueurs reconnus, cependant, jouissent d’un niveau de liberté plus élevé. Les médias imprimés sont divisés en trois catégories: publications appartenant à l’Etat, publications appartenant à un parti et publications privées.
Publications appartenant à l’Etat: Le gouvernement égyptien possède trois grands quotidiens égyptiens. Il s’agit de:
Al Ahram, Al Akhbar, et Al Gomhuria. Les rédacteurs de ces journaux sont nommés et rétribués par le gouvernement.
Publications appartenant à un parti politique: La plupart des journaux appartenant à un parti sont des hebdomadaires, mais le parti de l’opposition maintient cependant quelques quotidiens: Al- Wafd et Al-Ahrar,. Le parti travailliste socialiste islamiste publie un quotidien: Al-Shaab. Il existe également des publications appartenant à des groupes de droite.
Publications privées: Le ton et le contenu sont plus libres. Il est très rare que le Conseil suprême de la presse autorise des publications indépendantes qui sont imprimées en Egypte. Toutefois, la vaste majorité de ces publications sont imprimées hors d’Egypte, à Chypre et au Liban. Elles sont soumises à un censeur, le Censeur des publications étrangères, qui peut ordonner la saisie des numéros ou ordonner qu’elles ne soient pas imprimées ou distribuées.
La seule agence de presse d’Egypte, la Middle East News Agency (MENA) est considérée par les autorités comme une institution stratégiquement importante, qui opère comme un département gouvernemental. Elle est bureaucratiquement déséquilibrée et ne reflète que les points de vue officiels. Elle propose des actualités et des informations en arabe, en français et en anglais.
Médias radiotélévisés
L’industrie égyptienne de la télévision et du film fournit à la majeure partie du monde arabophone des programmes provenant de la Media Production City. La plupart des médias appartiennent à l’Organisme général de l’information d’Egypte.
De nombreux téléspectateurs égyptiens se tournent vers les chaînes panarabes pour recevoir les actualités et informations. L’Egypte est une force importante en matière de télévision par satellite. Ses chaînes Space Channels sont populaires dans tous les pays arabophones.
Le Syndicat de la radio et de la télévision d’Egypte, qui appartient à l’Etat, domine la télédiffusion en Egypte.
En 2001, l’Etat a renoncé à son monopole sur le secteur de la télédiffusion, ouvrant la voie qui doit permettre à de nombreux autres diffuseurs indépendants d’opérer en Egypte.
Le monopole de l’Etat sur la radio a disparu avec l’arrivée de stations de musique commerciales et privées.
Les chaînes privées de télévision par satellite sont autorisées depuis 2001 (ex. Dream TV et Al Mihwar). Elles appartiennent à des hommes d’affaires proches du gouvernement. Les reportages et les documentaires doivent être approuvés et sont souvent de mauvaise qualité et favorables au régime.
Le réseau radio égyptien est exploité par le Syndicat de la radio et de la télévision d’Egypte. Il y a plus de 70 stations qui diffusent à partir des réseaux nationaux. Parmi les stations de radio privées figurent Nougoom FM et Nile FM.
En ligne
Six millions d’Egyptiens étaient connectés en 2007, selon InternetWorldStats. Les bloggeurs ont fait sentir leur présence, certains d’entre eux émergeant pour former une force d’opposition politique.
Le gouvernement a pris une mesure importante pour rendre Internet plus accessible à tous lorsqu’il a créé la ‘Free Internet Initiative’ en 2002. Cette initiative a considérablement diminué le coût de l’accès à Internet. Les prix sont actuellement les mêmes que ceux d’un appel téléphonique ordinaire.
De nombreux sites à orientation religieuse ont vu le jour ces dernières années et la plupart des grands journaux du pays ont leur propre site Web. Le web, cependant, n’est pas utilisé comme un media alternatif destiné à contourner les restrictions qui pèsent sur la presse écrite. Les journalistes traditionnels ont peu recours aux nouvelles technologies des médias. Les autorités n’accréditent pas les reporters des médias en ligne. Le contenu en langue arabe est généralement de mauvaise qualité parce que les ressources technologiques ne sont pas disponibles pour intégrer les exigences détaillées de la langue arabe.
En septembre 2002, le ministère de l’Intérieur a créé une unité spéciale de surveillance des TIC. Elle aide la police et les forces de sécurité à poursuivre et arrêter les utilisateurs du Web pour des motifs de sécurité interne et d’atteinte à la moralité publique et aux bonnes mœurs. La police était derrière l’arrestation massive et, plus tard, le procès des homosexuels qui utilisaient Internet pour communiquer.
En décembre 2002, une nouvelle loi sur les communications a interdit tout cryptage de données sans l’approbation préalable de cinq départements gouvernementaux. Adoptée sous prétexte de lutter contre le terrorisme, cette loi a fait fi des libertés civiles. Bien que le gouvernement ait fait un effort pour rendre Internet plus accessible, l’Egypte figurait toujours sur la liste des Reporters Sans Frontières comme l’un des ‘Ennemis d’Internet‘ en 2006, en grande partie à cause de l’arrestation de bloggeurs durant les manifestations en faveur de la démocratie de juin 2006.
Télécommunications
L’Egypte est l’un des marchés des télécommunications à connaître la croissance la plus rapide dans le monde arabophone. En 2006, le nombre d’abonnés du téléphone mobile s’élevait à 18 millions.
Formation et soutien
Il n’y a pas d’obligation d’être diplômé d’une école de journalisme pour devenir journaliste en Egypte. La plupart entrent dans la profession avec des diplômes obtenus dans diverses branches ou en provenance d’autres milieux.
Les formations à mi-carrière sont rares. Le groupe Al Ahram a ouvert son Institut régional de presse en 1993. Il offre des cours de formation en arabe et en anglais. Il a bénéficié d’un soutien financier de l’UE (ex. Med Media) et des Etats-Unis. A l’origine, il accueillait une vingtaine de stagiaires égyptiens par an. Il a également formé des journalistes venus de l’extérieur de l’Egypte. Il envoie des stagiaires faire des stages en Afrique du Nord et en Europe.
Les programmes d’études de journalisme spécialisés sont une spécialité universitaire qui remonte à 1939, lorsque la Faculté de lettres de l’Université Fouad Premier (devenue l’Université du Caire) proposait un diplôme d’études des médias à l’institut de Rédaction, Traduction et Journalisme. L’institut est devenu une faculté à part entière en 1975, qui propose des études en quatre années d’arabe et d’anglais en journalisme, télévision et radio, relations publiques et publicité.
En coopération avec l’Université de Paris II et du Centre de Formation Professionnelle des Journalistes basé à Paris, l’institut propose également un cours de langue arabe et anglaise, un magistère, un diplôme de niveau doctorat (DESS) et un doctorat en arabe.
L’approche, cependant, reste éminemment théorique avec peu d’expérience pratique. Les étudiants de troisième et de quatrième année produisent un mensuel, Sawt el-Gamiaa (la Voix de l’Université). Les étudiants font quelques visites à différents médias et réalisent des exercices sommaires dans les studios de radio et de télévision.
Centre Kamal Adham de formation et de recherche régionale
Basé à l’Université américaine du Caire, ce centre propose un large éventail de formations universitaires et professionnelles. Ceci inclut une maîtrise en journalisme télévisé et numérique, ainsi que des cours de formation externe pour journalistes en activité.
Communication, Université américaine du Caire
L’Université américaine du Caire (AUC) propose des programmes de formation pour journalistes débutants ainsi que des programmes de promotion pour les journalistes en activité. Un programme d’enseignement des médias, du journalisme et de réalisation de films est également proposé à l’Université américaine du Caire qui dispose d’installations à la pointe du progrès et une vaste bibliothèque.
Syndicats
L’association officielle des journalistes, le Syndicat des journalistes égyptiens (EJS), représente plus de 5.000 journalistes. Il s’agit du plus large syndicat de journalistes du monde arabe. L’EJS organise des élections tous les deux ans et comprend, en son sein, le spectre politique complet de la société égyptienne. Ainsi qu’il est fréquent dans le monde arabophone, tous les journalistes sont tenus d’être membres de l’EJS pour exercer leur profession. Ces dernières années, l’EJS a mené des campagnes pour dépénaliser les médias. Il a soutenu des journalistes poursuivis par les autorités. Créé en 1936, l’EJS représente les journalistes travaillant dans la presse écrite. Ceux qui travaillent pour la télévision et la radio (appartenant à l’Etat) sont des fonctionnaires du gouvernement.
Des journalistes indépendants affirment que l’EJS est corrompu, ne défend pas ses membres et est contrôlé par l’Etat. Il refuse d’enregistrer des journalistes basés à Chypre ou au Liban.
Ressources:
Contacts
MENA- Middle East News Agency
P.O. Box 1165
17 Hoda Sharawi Street
Le Caire
Egypte
Tél.: +20 393 30 00
Fax :+20 393 50 55
+20 393 74 97
Centre Kamal Adham de formation et de recherche régionale
113 Kar el Aini Street
P.O Box 2511
11511 Le Caire
Egypte
Site Web: http://www.adhamonline.com
E-mail:
Tél.: +20 2 2797 5422/23/24
Département du journalisme et de la communication de masse, Université américaine du Caire
113 Kar el Aini Street
P.O Box 2511
11511 Le Caire
Egypte
Tél.:+20 279 762 00
Fax:+20-279 575 65